Cinq petits poissons

SarkoII

Cinq petites liseuses picorent mes nageoires. Elles se pourlèchent devant mes coloris de seiche. Pour quelques jours ou quelques semaines, elle éplucheront mes pétales de mots caramélisés dans le temps à la découverte d’un noyau de vérité…


 

Un gros merci à Mimi, Martine, Marie-Michelle et aux deux Rachel pour votre aide précieuse. Sans votre tâche de bêta-lectrices, je nagerais présentement en pleine eau stagnante!

(Comme vous l’aurez deviné, je compte envoyer mon recueil aux éditeurs d’ici le mois de février.)

Bon mois de janvier « à ne pas sortir un betta dehors »,

Martyne

 

P.S.: petite mise à jour du 5 janvier. Deux nouvelles bêta-lectrices se sont ajoutées. Merci à Annette et Myriam pour votre aide!

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Éboulis de mots

Déjà six variations sur le thème de la relecture. Un éboulis de mots dans la corbeille numérique. Un code binaire se dessine. Enfin ! Le canevas s’émancipe sur la matrice.

Une autre phase s’achève. La créature poétique possède son épiderme. Ne restent que les poils et le dard de la chimère…

Et moi qui croyais qu’elle serait plus longue à développer !


 

Eh oui ! La phase de révision tire à sa fin. Le projet a beaucoup avancé depuis mars. Entre les périodes de repos, la relecture a porté fruits. Plus tôt, je croyais avoir pris du retard dans le processus. Désormais je crois pouvoir être en mesure d’estimer la date de soumission du manuscrit aux maisons d’édition vers le mois de décembre.

Bonne semaine à tous et à toutes !

Déjà sept mois…

Oui, déjà sept mois que ma résidence s’est terminée. Et je pense encore à vous : à toi, et toi… et toi que j’ai eu le bonheur de rencontrer. Je repense à notre collaboration, nos soirées créatives au coin du feu. Ça me manque.

Évidemment.

Vous me manquez tous, Félix, Lorraine, Roxane, Vaudreuil.

J’ai commencé la révision avec Marie. Elle m’aide beaucoup. Ça avance… comme ça peut. Un mot devant l’autre. Le temps file et parfois il danse sur place, dans une mare grammaticale. Temps d’arrêt forcé, désynchronisé. Certaines créations font des algues, s’enracinent au fond de la rivière, entre deux « chouclaques » trouées. C’est ça, le Saint-Laurent de la révision ! Selon les zones, on y trouve parfois des déversements de phrases usées…

Quand en aurai-je terminé avec les douleurs de la révision ? Je ne sais pas encore. Nous en sommes toujours aux deux mois…

Les contractions poétiques se rapprochent, toutefois.

Bonne semaine.

14 mars 2015 – Jour 28

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Belledame,

Je me souviendrai. De tes bannières excentriques. Je me souviendrai. De ton sourire accueillant. Ton odeur de cèdres et de bois franc. Je me souviendrai. De tes chants de joie dans le matin frais, ton regard encore cristallisé de sommeil. De ta fournaise affairée de bonne heure à me tenir le cœur chaud. Je me souviendrai de tes enfants. Dispersés dans les bois. Éternels joueurs de cache-cache. Je me souviendrai du bûcheron. Ton amour. Ton roi. Ton beau coureur des bois. Tes murs témoignent de ta passion pour lui. Tu l’attends encore, celui-là ! Je me souviendrai. De tes volets patriotes, affermis de leur foi, jusque dans leurs nœuds et leurs éclisses. Je me souviendrai de tes histoires près du foyer. De ton Ours gris, de ton Ti-gars et de Bozo.

Je me souviendrai… point au cœur, feutre bas. Mes hommages et à bientôt. Belledame.

© 2015 : Martyne Pigeon tous droits réservés.

J’ai mis mes plus beaux atours et je vous attends.

C’est aujourd’hui à 10h00 am qu’a lieu le café-rencontre à la Maison Félix-Leclerc de Vaudreuil, où je partagerai avec vous mes impressions sur le mois de résidence en création, ainsi que certains poèmes inédits. Roxane Bilodeur, une résidente en poésie et peinture au MUSO dans le cadre du projet TRACE sera là. Elle vous lira quelques extraits de ses oeuvres et des oeuvres de Félix. Vous pourrez aussi expérimenter ma méthode d’écriture dans une petite séance privée.

Qui a envie de venir ?

C’est votre dernière chance de me faire la jasette avant mon départ !

Martyne

 

13 mars 2015 – Jour 27

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Tu étais… une sœur, une mère, une cousine, une tante. Petite originelle de grenier. Ève avant Reich. Oiseau moqueur du bruit des bottes. Tu volais bien au-delà des tirs au yiddish d’argile. Tu annexais des plumes blanches aux trottoirs rougis. Vus du haut de ta tour, ils formaient un paysage de Vermeer.

Tu étais… une enfant cachée derrière un cahier de mots. Noircis aux jours de réclusion. Petits doigts d’encrier ils ont laissé des phrases de ton passage. Ta souffrance consignée dans la mémoire d’un peuple. Étoile de rêve, étoffe de courage, ta sage calligraphie ton âme. Elle nous souffle, encore aujourd’hui, l’Esprit emprisonné dans ton journal.

Tu es le buste d’une nation, le souvenir d’une douleur au creux des reins, la lumière contenue dans les larmes de notre Père.

© 2015 : Martyne Pigeon tous droits réservés.

Cet après-midi, je suis allée au MUSO (Musée de société des deux rives) à Salaberry de Valleyfield, pour voir une exposition sur la manufacture de cotons « Montreal Cotton » (ensuite appelée « Dominion Cotton »). Une magnifique exposition sur la création de cette énorme entreprise, les déboires, la syndicalisation, mais aussi les circonstances de sa fermeture et de son démantèlement. D’entrée de jeu, le film On est au coton de Denys Arcand crée l’ambiance. Avant même d’entrer dans la salle d’exposition. Ici, on ne cache rien. Vous ne verrez pas une histoire embellie par les patrons, mais la vérité crue. Des hommes, des femmes et des enfants, canadiens-français, sous-payés qui ont travaillé d’arrache-pied dans un milieu difficile, voire risqué. Des gens blesés par l’abus des gros bonnets, mais fiers de leur patrimoine.

Ce que je ne savais pas, c’est qu’il y avait une autre exposition en cours. Celle-là porte sur le journal d’Anne Frank. Cette petite fille recluse dans l’annexe de l’entreprise où son père travaillait aux Pays-Bas. Une enfant de treize ans qui a consigné dans son journal intime le plus grand témoignage de la Shoah. Elle est décédée dans le camp de concentration de Bergen-Belsen. Morte de faim, de froid, de maladie. Dans cette salle on y voyait des reconstitutions de parties du journal, des mises en contexte, des brouillons de costumes (pièce du TNM), des décors de scène (TNM), des images de la pièce diffusée au TNM, mais aussi la reconstitution de l’annexe où a vécu Anne pendant un an avant d’être arrêtée par les S.S., des effets personnels, son pupitre à l’école Montessori d’Amsterdam, un costume porté dans les camps de la mort ainsi que la fameuse étoile jaune cousue sur les vêtements des juifs. Cette salle est celle qui m’a le plus frappée au coeur. Encore ce soir, je songe à cette exposition qui ne laissera personne indifférent.

Évidemment, mon poème parle d’Anne, de sa famille du peuple Juif, de la souffrance, mais aussi de l’Amour qui surpasse tout, qui peut vaincre les baillonnettes, les bottes, les matraques et même le Zyklon B.

Bonne nuit,

Martyne

12 mars 2015 – Jour 26

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Incendies au chœur. Les grands cèdres du Liban célèbrent ton retour glorieux dans la fumée des louanges. Des chants d’encens s’élèvent dans le firmament. Tu marches parmi nous, le pas léger, le bras ferme. Musclé comme le créateur des bois. Tu affermis l’arbuste ployé sous la froideur esclavagiste. Il se dresse libre, fier devant ton regard de pierres précieuses. Tu réchauffes l’ours sans-abri dans l’hiver de l’indifférence. Tu embrasses la gueuse en haillons chassée de la ville par les fous de la loi.

Ta présence enflamme la foule. Feu de joie sorti de nos lèvres. Baiser de foudre.

© 2015 : Martyne Pigeon tous droits réservés.

Bonsoir chers lecteurs,

Voici mon poème du 26e jour de résidence. Dans deux dodos, nous aurons le plaisir de nous rencontrer lors du café-rencontre à la Maison Félix-Leclerc, de 10h00 am à midi. Ensuite, je retournerai à Lévis pour revoir ma petite famille.

Même si je suis très contente de mon séjour, je ne suis pas fâchée de retrouver mon mari et mes filles. J’ai hâte.

Demain je vais au MUSO à Salaberry-de-Valleyfield voir une exposition sur la Montreal Cotton. Ça va me faire sortir une dernière fois avant mon retour en autobus. Je vais tenter de vous pondre un petit poème sur des photos prises lors de l’exposition.

Bonne nuit à tous,

Martyne

Café-rencontre à la Maison Félix-Leclerc

Bon matin à tous et à toutes,

C’est samedi matin qu’est prévu un petit café-rencontre entre le public et moi, à la Maison Félix-Leclerc de Vaudreuil-Dorion.

Au menu :

  • Rencontre avec la direction de l’organisme;
  • confidences sur mon expérience de résidente;
  • lecture de certains extraits inédits (ne cherchez pas, ils ne sont pas sur le blogue);
  • lecture de l’invitée spéciale Roxane Bilodeau qui vous lira l’extrait d’un texte de Félix ainsi qu’un de ses textes;
  • exemple d’un exercice pratiqué entre Roxane et moi (écriture intuitive à deux voix inspirée d’une image);
  • exercice d’écriture en groupe selon ma technique utilisée durant le mois de résidence;
  • partage poétique en groupe.

Vous avez la fibre poétique qui fait la danse en lisant ce petit menu ? Inscrivez-vous !

Lien Facebook.

Informations Maison Félix-Leclerc.

Au plaisir de vous rencontrer samedi le 14 mars de 10h00 am à 12h00 pm !

Martyne

11 mars 2015 – Jour 25

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Mon chant t’appelle, ma douce, ma moitié perdue. Laisse-moi te ramener à bon port, là où la rivière chante mon cœur.

Je sens ta présence dans chaque fibre de mon plumage. Quand tu t’approches de moi, mes os se remplissent de ton sourire. À ton toucher, mes ailes superflues t’enlacent. Nous volons ensemble, par la force de ton regard. Notre contact d’hélium nous rapproche dans les Cieux.

Reviens-moi ma perdue, ma douce, ma promise. Reviens-moi et enlace-moi comme tu sais le faire. Laisse-moi raviver les couleurs de tes charmes. Laisse-moi t’embrasser et chanter à ton oreille : « Tu es mon petit bonheur… »

©2015 : Martyne Pigeon tous droits réservés

J’ai vu ce merle hier matin perché très haut dans un arbre. Il se faisait harceler par des geais bleus et des éperviers sansonnets. Avec son gros poitrail orangé, il dégageait une impression de sérénité. Il ne semblait pas vouloir s’en aller de là sans avoir pris la peine d’appeler sa compagne. En tout cas, les menaces, ça ne fonctionnait pas sur lui ! Je me suis un peu inspirée de son attitude pour écrire mon poème.

Ce soir, au jour 25 de ma résidence, j’arrive à la barre des 80 poèmes ! Je suis plutôt satisfaite. Je sais que je vais continuer d’écrire un peu une fois arrivée à la maison. Question d’avoir plus d’écrits à présenter à mon futur mentor. Comme je n’ai pas encore trouvé la personne qui m’aidera à débroussailler ce gros document Word sur lequel je bosse depuis 25 jours, je peux encore me permettre deux à trois semaines d’écriture. J’ai assez d’images en banque pour le faire de toute façon.

Et je ne m’attends pas à rencontrer mon futur mentor avant la fin avril. Tout d’abord parce que je veux pouvoir relire mon document à tête reposée, ensuite parce qu’il faut que j’aie assez d’argent pour le payer lors de notre premier rendez-vous. Présentement, je cherche un poète d’expérence pour une rencontre par mois. La première va peut-être devoir être assez longue, par exemple, un après-midi complet à la fin avril. Les subséquentes seront plutôt courtes. Et comme je suis une personne très rapide et autonome, je sais qu’une fois outillée de recommandations, je vais avancer mes textes de mon côté très rapidement. Donc je crois que 4 rencontres, peut-être 5 au maximum seraient à prévoir. Tout ça dans le but d’avoir un manuscrit qui se tient à présenter aux maisons d’édition à la fin-juillet ou au début d’août. Comme le délai d’évaluation des manuscrits et de réponse des éditeurs est assez long en général, je dois travailler vite et bien sur ce projet afin d’entrer dans les délais (activités proposées pour 2015-2016 à la Maison Félix-Leclerc de Vaudreuil).

Bref, ce soir je lance un appel à tous les poètes aguerris. Si vous lisez mon blogue et vous reconnaissez dans ce projet, contactez-moi ! Je ne suis pas une personne qui demande énormément de temps ou de dévotion. Je suis même ouverte à travailler à distance. Grâce aux technologies, cela simplifie grandement la chose !

Bonne soirée,

Martyne

10 mars 2015 – Jour 24

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Des flammes déchirent le ciel. Un chant rouge de bonheur appelle sa promise. Beauté flamboyante par un matin d’hiver. Il revient, roi des boisés, vers le verger. Témoin chaleureux de son éclosion, de ses premiers coups d’ailes, de ses aventures imaginaires. Il revient en bonne compagnie pour y bâtir sa demeure. Rêves bleus, d’arbres de lignée et de nids de prospérité.

© 2015 : Martyne Pigeon tous droits réservés.

Bonne soirée,

Voici tel que promis mon beau cardinal ! J’ai composé un petit hommage à ce bel oiseau flamboyant qui, selon ce qu’on m’a raconté, se promène en couple.

J’ai eu droit à un superbe coucher de soleil et une invasion d’oiseaux de toutes sortes. Aujourd’hui, le « snack bar » chez Félix était ouvert.

Je vais vous montrer quelques images retravaillées demain.

Martyne

9 mars 2015 – Jour 23

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La tête en bas, je m’accroche. Je serre fort la brindille salvatrice. Seule au-dessus du gouffre de feu, je tiens bon. Par mes muscles échauffés et mon amour-propre gonflé. Gros ballon de néant. Qu’arrivera-t-il lorsqu’il éclatera ? Mais je m’accroche, encore et toujours, les ongles en sang par tant d’efforts. Mes doigts tremblent, mes os gèlent peu à peu, au grand nordais. J’espérais, à force de petits pas, trouver une branche plus forte. Sauver ma peau. Sauver mon âme. L’eau sous mes ongles, la moiteur de mes membres de décrochent. Je tente de me ressaisir. Trop tard. Je tombe de honte, le visage tourné vers le firmament. Une dernière fois. Un ultime chant. Appel à l’aide, pleur honteux.

Tes mains de géant me rattrapent.

© 2015 : Martyne Pigeon tous droits réservés.

J’ai eu droit à une belle séance photo ce matin. Des mésanges sont venues manger dans les saules près du salon, puis des écureuils ont décidé de jouer à la « tag » barbecue dans les arbres. Je suis sortie, caméra à la main, monopole accroché au poignet. Très vite, uen horde d’oiseaux a dansé au-dessus de ma tête. Des pics mineurs, beaucoup de mésanges, de moineaux… Puis, un jeai bleu a volé jusqu’à la maison d’à côté. Je ne l’ai vu qu’en vol. Impossible de le photographier. J’allais entrer dans la maison quand deux flammes ont passé à quelques mètres pour échouer dans les saules. De belles ailes d’un rouge flamboyant. J’ai réussi à prendre le plus beau spécimen des deux en photo. Il chantait tout près d’un grand cèdre et appelait sa compagne, dans un saule. Je vais peut-être partager la photo avec vous demain. Il était magnifique. Je me suis informée sur un groupe d’ornithologues et il semble que ça soit un cardinal. Tout frais débarqué.

Mais l’oiseau qui m’a le plus surprise est cette petite mésange, suspendue la tête en bas à une branche fragile. Elle mangeait comme si tout allait bien, même si elle donnait l’impression d’être dans une situation désespérée.

Cela m’a fait réfléchir. Quand on est dans le pétrin, il arrive qu’on ne s’en rende pas compte. Du moins, pas tout de suite. Dans le cas de ma belle mésange, elle se faisait héler par une amie. On aurait dit que l’autre lui disait de ne pas « faire la folle », que c’était risqué de se prendre pour un oiseau qu’elle n’est pas en réalité. Mon poème est né de cette impression.

Mon travail avance bien, en gros je suis plutôt satisfaite. Je réussis à sortir et prendre des images sans nécessairement perdre le rythme d’écriture.

Sur ce, je vais me coucher. J’ai une longue journée demain. Encore de l’écriture, et une sortie au grand air dans l’espoir de voir d’autres nouveaux oiseaux arriver de leur voyage dans le Sud.

Bonne nuit,

Martyne